samedi 4 juin 2016

Les Noctures - Titre 1

Collection Les Nocturnes
(poésie contemporaine)

Jean Chatard/Jean-Claude Tardif « Choisir l'été » poèmes
préface Werner Lambersy - Frontispice Jacques Basse

paru en Mai 2016. 21X15 - 101 pages interieures (tirage 120 exemplaires)





 On en parle
C’est sans doute le dernier livre de poèmes de Jean Chatard, ainsi que celui-ci me l’annonçait dans une lettre de juillet 2015… Chatard, après avoir bourlingué sur les mers et bourlingué en pensée dans les transports parisiens (qu’il ne quittera qu’à la retraite) a toujours servi la poésie. Il a choisi pour son coup d’adieu (mais sait-on jamais ? ) l’un des exercices les plus difficiles : ce recueil, « Choisir l’été », est écrit avecJean-Claude Tardif, les poèmes de Chatard figurant sur les pages de tribord et ceux de Tardif sur celles de bâbord… Comme l’ancien animateur du Puits de l’Ermite me l’écrit dans sa dédicace. On peut donc lire cet ouvrage à son gré : uniquement les poèmes de Chatard, suivis d’une lecture de ceux de Tardif (à moins que ce ne soit l’inverse) ou alors en continu. J’ai commencé par la seconde. 
Disons-le tout de suite : l’exercice tenté par les deux poètes me laisse perplexe. J’ai eu quelques difficultés à entrer dans ce dialogue. Je ne saisis pas toujours en quoi l’un répond à l’autre, est-ce une affaire de pudeur ?
Sans aller jusqu’aux Texticules du hasard où la référence était le centon (1) c’est-à-dire de citer des mots des textes lus pour fabriquer son poème, j’aurais aimé un rapprochement plus étroit entre les poèmes de Tardif et ceux de Chatard… Certes, parfois (comme pp 16 et 17), les deux poètes donnent l’impression de dialoguer le temps du poème : sans doute est-ce dû au thème du poème et à l’adresse de Chatard à Tardif … Ou comme aux pages suivantes où la confiture de l’un répond aux faims de l’autre. Souvent, un mot suffit pour que l’autre rebondisse (chemins / sentier, ou je la regarde / je regarde les hommes, ou encore nuit / ombre…). Mais ça reste fugitif, c’est que le lecteur découvre deux univers poétiques très prenants. 
J’ai retrouvé l’univers propre à Jean Chatard, ce que quelqu’un appelle le surréel, un surréel traversé de marins, de navires et de mirages. L’enjambement, fréquent, laisse à supposer que Chatard court après je ne sais quoi ; un plus de réalité ? Il faudra, un jour, écrire une étude sur l’art de l’enjambement chez Jean Chatard.
Je suis moins familiarisé avec celui de Jean-Claude Tardif, beaucoup moins : je crois me souvenir n’avoir lu qu’un recueil de lui (assez atypique me semble-t-il). Ce qui est trop peu : c’est donc plus une découverte que de véritables retrouvailles. Je trouve un poète soucieux de ses mots qui captent le réel au plus près sans ignorer l’échappée sur l’ailleurs : on croit presque sentir le jardin ou le soleil, on croit voir « le trait argenté de la truite »  ! Les quatre premiers vers du poème de la page 42 sont éclairants :« Le poème dort dans l’épaisseur du vent, / sous l’ourlet de la terre / dans la chaleur des mots / qu’on oublie de bercer. » J’aime cette approche du poème, même si ce dernier est avant tout un travail, beaucoup de travail ; même si le poète finit par ne plus s’en rendre compte.
Werner Lambersy, dans sa préface, a raison de souligner ce que le livre doit à « la bannière rouge de l’urgence à combattre jusqu’au bout pour le profit d’amour et le butin de cœur du genre humain, ce mauvais genre parfois si généreux, souvent même génial ! » C’est peut-être là que se trouve le dialogue entre Tardif et Chatard. 
Alors, quelle lecture privilégier ? Aucune sans doute : « Choisir l’été » sera sans doute l’un des rares recueils à lire deux fois ! Car il est une histoire d’amitié entre deux hommes qui partagent « les alcools »de la poésie et les « croûtes de pain » du poème. 
Lucien Wasselin.



Jean Chatard et Jean-Claude Tardif : « Choisir l’Été »




La pratique régulière de l’écriture poétique est une expérience généralement individuelle mais il arrive parfois que, grâce à des liens amicaux, deux poètes mettent en commun leur créativité pour composer un recueil dit « à quatre mains ». C’est le cas avec ce beau livre qui réunit les poèmes de deux amis de longue date. En croisant habilement leurs textes, ils ouvrent de nouvelles perspectives, tracent des sentiers inédits et témoignent de façon concrète qu’il est possible d’avancer face aux fracas du monde actuel. Encore faut-il avoir le courage de ces deux auteurs pour s’efforcer de changer « en or le bel ennui des habitudes ». Alors, « le jour avance plus vite / que ne le veulent les mots / ceux du poème que j’essaie d’écrire » et ceux qui tentent de faire le contrepoids au rouleau compresseur du temps qui passe.
La préface de Werner Lambersy invite le lecteur à une fructueuse découverte en prenant « la direction à suivre pour s’égarer », en s’aventurant sur « des terres poétiques souvent inexplorées ». Le préfacier n’hésite pas à rappeler le fertile parcours de ces « pirates d’abordage en hautes mers  », car, à un moment donné, il faudra« choisir l’été pour maintenir le rêve / son équilibre / face à la mort qui vient », choisir l’été pour « sentir monter le soir / le long des roses noires », choisir l’été pour plus tard, quand l’hiver sera venu. On ne peut que s’accorder avec cette belle initiative « qui nous tient debout avec nos métaphores, nos rêves », car choisir l’été c’est aussi choisir la vie et choisir la poésie.
Georges Cathalo
J'ai lu et relu les poèmes de "choisir l'été".Avec beaucoup de bonheur, mot qui n'est pas courant dans mon vocabulaire .La vie ne m'a guère aimé...Restent des moments comme celui- là  ,grâce à  toi et à  Chatard , sans flagornerie aucune , je pense que tu me connais assez pour n'en pas douter.Ensuite ...Cadou ou Aragon ?Je ne choisis pas .Tant d'autres à  ajouter :Char mais aussi Prévert , Villon mais aussi Genet...

mardi 15 mars 2016

A L'INDEX n°30

Ce numéro 30 est paru en 14 Mars 2016. 21X15 - 155 pages intérieures -
 (tirage 140 exemplaires)




















TABLE DES MATIÈRES

Au doigt & à l’œil par Jean-Claude Tardif

Jeu de Paumes
- Petite anthologie portative -
Leyla Al-Sadi - Jacques Basse - Christophe Danvers – Denis Hamel - Michel Lamart - Jeanpyers Poëls - François Teyssandier

«Wir leben Autos» (nouvelle) par Jacques Nunez-Teodoro
Mai 1968 (poème) de Werner Lambersy
Le moustique marteau (texte court) de Fabrice Marzuolo
Six inédits (poèmes) de Hervé Martin
Nouvel An (prose) suivi de La Tristesse de l'Abbé Marcel (poème) de Hervé Delabarre
Dessin de Jean-Marc Couvé
La valise en bois de mon père (nouvelle) par Luis Porquet
Voix d'ailleurs - Deux poétesses portugaises
Poèmes croisés de Sophia de Mello Breyner & Cecilia Meirèles (traduits du portugais par Inès Cavalcanti)
Journal – (extrait Novembre 2015) d'Anna Jouy
Parole donnée à Isabelle Rebreyend
Au Manoir des champs –journal- (extrait) de Gérard Le Gouic
Photo de famille & autres poèmes de A. Kadir Paksoy
(traduits du turc par Yakup Yurt et l'auteur)
Dessin de Jean-Marc Couvé
«Roul, roul, Britannia…» de Jean-Marc Couvé
Au large de Kalymnos & autres poèmes de Thierry Lancien
Le Syndrome (nouvelle) de Jean-Claude Tardif
Cri de verre et autres poèmes de Ara Alexandre Shishmanian
(traduits du roumain par Dana Shishmanian)
Dossier : Anne Sexton -2- Phénomène de foire & autres
(traduits de l'américain par Christine Rimoldy) -
Six Poèmes inédits de Dana Anton
(traduits du roumain par Dominique Stoenesco)
Montrés du doigt par Jean Chatard – Jean-Claude Tardif

La Poésie

La poésie c'est peut-être vouloir garder, conserver, préserver le présent dans sa respiration, son inspir et son expir, son mouvement existentiel, son rythme quotidien. La poésie est dans les rythmes de l'œil, de l'oreille, de la langue, de la peau, du nez. Être poète, c'est se donner corps et esprit à la présence du monde, c'est être possédé par le monde, c'est ouvrir en permanence ses antennes sensibles à l'univers, c'est être humain à part entière; c'est se perdre dans les gens pour se retrouver dans le sens; c'est s'adresser à l'autre, son alter ego, pour lui dire "je suis toi, je suis nous, même si tu ne me comprends pas encore. J'attends de toi aussi ce que je te propose. Même sans toi, je suis toi, par delà toutes les divergences, différences". Être là. C'est aussi con que ça. Ce "ça" dont Freud nous dit qu'il est notre invraisemblable vérité, ce qui en nous reste à révéler.
Jean-Pierre Chérès
17 €


revue.alindex@free.fr




Quelques réactions des participants et de lecteurs

Cher Jean-Claude,
Ara Alexandre et moi-même nous vous remercions de tout coeœur pour la parution des 3 poèmes dAra, en ma traduction, dans le dernier numéro de A lindex : nous l'avons reçu juste avant Pâques, comme un cadeau exquis qui nous a rempli de joie. Ces textes font partie dun ensemble voué à constituer un nouveau recueil en français.

Bien à vous, en toute amitié,
Dana et Ara Alexandre Shishmanian

J'ai entamé sa découverte par la lecture des pages de journal d'Anna Jouy, que j'ai beaucoup appréciées. 
Peut-on acquérir l'oeuvre intégrale ? Quelle ampleur a ce journal ? 
Je vais poursuivre ma déambulation textuelle au fil des jours. (Claire Sicard)

Je vous remercie, j'ai bien reçu le  numéro.

Je ne peux m'empêcher de penser à Michel Héroult  dont j'ai pu lire qu'il était demeuré "spécial" au comité d'€™A L'INDEX..Michel m'avait conseillé lorsque j'ai commencé ma revue Incertain Regard. Je ne manquais jamais d'aller le rencontrer au marché de la poésie, j'aimais parler avec lui , il était chaleureux, convivial, vrai. Je ne le rencontrai que très peu mais je l'appréciais beaucoup. J'étais de ceux avec l'ami  Roland Nadaus  lui rendre un hommage amical à  la Maison de la Poésie de Guyancourt.

Je partage  l'avis de votre éditorial et le propos de Gérard Cathala me semble assez juste.  Le monde change... Mais les revues papier et le livre demeurent pour moi une vrai valeur. Lorsque j'ai commencé la revue Incertain Regard en 1997, je l'ai vite reproduite sur internet. A l'époque peu de site de poésie de qualité, c'était modeste mais les textes édités et  le  "fond" lui ont valu un signet la BNF! 
Aujourd'hui , on trouve beaucoup de sites de poésie et de revues numériques  de qualité . Mais il faut reconnaître que le microcosme poétique est devenu un espace de promotion et d'auto-promotion. Ce novpoète ? peut-être dont vous parlez. J'y participe en quelque sorte sur FaceBook  mais je m'interroge quant à  la suite de ma présence sur ce réseau.  La poésie est ailleurs... Beaucoup de textes bien écrits aussi , mais écrire bien suffit-il à être poète? peut-être est-ce là  le  "déficit du poème sur l'anecdotique" de Cathala?  Combien de ces poètes ont-il souscrit un abonnement à  des revues, acheté des livres...? Je m'étonne  toujours du grand nombre de "poètes" face à la difficulté de l'édition de poésie dont vous soulignez la précarité.

Je n'ai pas encore tout lu le numéro, notamment les nouvelles, mais j'ai apprécié les poémes de Yakup Yurt , une belle poésie qui sait inscrire  avec simplicité le quotidien dans le poéme,  les notes de journal de Gérard Le Gouic qui saisissent bien le fil de la sensibilité poétique, posent un regard fin et aigu sur les instants de vie, la présence d'une poésie de langue  étrangère. Les poèmes encore de  Leyla Al-Sadi, Michel Lamart, François Teyssandier,  Werner Lambersy, Thierry Lancien  pour ce citer que ceux-là , et que j'ai apprécié pour des raisons parfois différentes. J'ai aussi ressenti dans la petite anthologie portative un regard assez morose sur la vie et notre époque  quand d'autres poèmes qui suivent  s'inscrivent dans le refus, la résistance. Je n'ai pas encore tout lu mais c'est un beau numéro, éloigné aussi d'une poésie que l'on trouve ailleurs et qui est parfois plus distante, mais qui existe aussi et dit autre chose.
Bien cordialement. (Hervé Martin)

 On en parle
La poésie, ou "Le présent dans sa respiration". A L'Index numéro 30, revue...

Lire une revue littéraire, une revue de poésie, c'€™est, déjà , palper le papier, regarder le frontispice, lire la quatrième de couverture (quand elle existe - et c'€™est le cas pour A L'€™Index, passer à  l'éditorial, chercher le sommaire, les noms (qui connait-on? ou pas?), les titres (c'€™est important les titres), et voir si, parmi les auteurs publiés cette fois, il y a des passeurs de langues, des voyageurs ou des exilés, ou simplement des poètes venus d'€™ailleurs, passés par l'€™art de la traduction (et c'€™est souvent le cas pour cette revue, avide d'€™ouverture au-delà  des frontières, de connaissance des «autres», autres par la nationalité, la langue, quand ce n'€™est pas par le continent. 
Revues, justement c'€™est le sujet de l'éditorial de ce numéro, de cette introduction qui présente l'€™essentiel. En poésie les revues qui tiennent ne sont pas si nombreuses, même s'€™il y en a beaucoup qui se publient en même temps : beaucoup disparaissent aussi. Comme la presse ne parle que peu ou pas des publications de poésie, et pas tellement plus des livres, que pour la radio et la télévision (à  part quelques rares émissions de qualité, confidentielles) c'€™est moins important que les vidéos sur youtube tenir est de l'€™ordre d'€™une persévérance folle. Qui demande à €™être soutenue. 
Lire, et donc, surtout, relire. 
Donc, la couverture Frontispice permanent, signature symbolique Dans un carré d'€™encre (page?) un personnage (poète? éditeur? lecteur?) pousse une spirale, comme en dansant. Spirale monde ou temps, centre d'écriture déroulé ou centre en construction, perspective cosmique, si je veux le voir ainsi, et c'est ainsi que je le lis. Il ne pourrait y avoir meilleure traduction de ce qui est offert ensuite dans les pages. Une part de jeu et de danse avec les mots, mais dans un contexte d'€™engagement, d'€™ancrage réel dans le monde tel qu'€™il est. 
Et c'€™est ce qu'€™affirme le très beau texte de Jean-Pierre Chérès qui sert de manifeste permanent, paragraphe dense de la quatrième de couverture « â€ Préserver le présent dans sa respiration». L'écriture, la poésie, le corps, le monde l'€™humain. L'€™humain d'€™abord. Dans la réciprocité du regard, dans l'€™inscription de tous les sens. L'€™autre, différent ou étranger, l'€™autre respecté. Ethique d'€™une poésie qui se soucie peu de fariboles superficielles. (Echo, pour moi, à  ce que je viens de relire d'€™Abdellatif Laâbi (« L'€™arbre à  poèmes », anthologie)  L'€™auteur explique que, vraiment, pour lui, pas de fleurs et de papillons au cœur du poème, mais le souci du monde, cette présence dont parle Jean-Pierre Chérès. C'€™est le même langage, la même famille d'€™esprit. Beaucoup de ceux qui écrivent ainsi sont dans un permanent grand écart entre l'€™engagement (qui ne peut être que d'écriture, même s'€™il doit être d'écriture) et la création. Engagement non doctrinaire. Au contraire, liberté rebelle de la pensée critique, recherche en profondeur de sa propre authenticité, en poète « possédé par le monde », ce qui est l'€™inverse de la volonté dogmatique de possession du monde et de la pensée d'€™autrui. La poésie rebelle est une clé contre le fanatisme. 
SUITE de la recension Lecture des textes (des poèmes, surtout) de ce numéro 30, mention de certains livres des auteurs (et de sites). Pour Jean-Claude Tardif (l'éditeur, écrivain aussi, dont Philippe Claudel mit une citation en exergue de  son ouvrage « Les Âmes grises » - un fragment de poème de « L'€™Homme de peu », que je cite), Luis Porquet, Anna Jouy, Leyla Al-Sadi, Jacques Basse (poète et peintre portraitiste), François Teyssandier, Hervé Martin, Cecilia Meireles (parmi les auteurs traduits), Anne Sexton (pour un dossier sur elle) Commentaire, citations, liens : page complète sur le blog
MC San Juan
Sur le BLOG :
et
Sur la page Facebook TramesNomades (même titre): 

https://www.facebook.com/TramesNomades/posts/883412195115210

À l’index N°30 (2016)



Cet « espace d’écrits » (sous-titre le revue) est un lieu à la fois ouvert et exigeant qui permet de lire d’excellents textes que ce soit des poèmes, des nouvelles ou des proses poétiques. Même si l’éditorial de Jean-Claude Tardif semble un brin désabusé dans la perception d’une rivalité entre la revue-papier et la revue-écran, le contenu de cette livraison est là pour démentir ces propos.
Comme toujours, A l’index est structuré en plusieurs volets qui permettent une lecture claire. La « petite anthologie portative » s’ouvre sur sept poètes aux univers différents comme par exemple Jacques Basse et Jeanpyer Poels ou Michel Lamart et Denis Hamel. Puis les poèmes alternent avec les proses et les nouvelles pour une cohabitation réussie grâce aux écrits de Werner Lambersy, de Fabrice Marzuolo, d’Hervé Martin ou de Luis Porquet. Le chapitre Voix d’ailleurs propose des poèmes de Sophia de Mello Breyner et de Cecilia Meirèles dans une version bilingue. D’ailleurs cette revue met un point d’honneur à faire découvrir des auteurs de langue étrangère comme ici la Roumaine Dana Anton, le Turc Kadir Paksoy ou l’Américaine Anne Sexton. En guise de contrepoint, on découvrira de trop rares pages du Journal de Gérard Le Gouic ainsi que de longs extraits du troublant Journal 2015 d’Anna Jouy. La revue s’achève par 5 pages de notes de lecture écrites par les deux complices que sont Jean Chatard et Jean-Claude Tardif. 
(A l’index N°30. 2016. , 158 pages, 15 euros – 11 rue du Stade – 76133 Epouville ou revue.alindex@free.fr
   Tantôt anthologique et tantôt mettant en valeur l'œuvre d'un seul poète,  " A l'index " est une revue de poésie à parution semestrielle, pilotée par Jean-Claude Tardif (1), lequel édite également chaque année quelques recueils de poètes.
    L'esprit de la revue peut être illustré par cette formule de Jean-Claude Tardif : " Pour ce qui me concerne, la poésie doit être lisible, parler à l'autre ( le lecteur ), le questionner. L'importance du verbe ( sa chair ) ce n'est pas le verbe mais ce qu'il véhicule, communique d'émotions. " (2)
     Il n'est donc pas surprenant de lire fréquemment dans la revue de courtes proses ( micro-nouvelles ou proses poétiques ) mêlées à des poèmes versifiés et souvent narratifs.
     Ce numéro 30 présente une vingtaine de poètes disposant pour la plupart de plusieurs pages, et j'y ai particulièrement apprécié :
- dans la rubrique anthologique "Jeu de paumes", l'aérien poème "Papillonner" de Leyla Al-Sadi que j'imagine subtilement allégorique :                                                    "Le papillon n'a pas deux mains à joindre                       Pour une dernière prière                                                                                                                                    Sans main tout souhait est caduc                                                                        
S'il touche de l'eau bénite il se noie                                                                                                                        Son amour pour la bougie le consume
Tout autour le noir règne "
- Le dynamisme, la fantaisie et l'habile glissement vers la chute finale de la micro-nouvelle de Fabrice Marzuolo .
- L'ouverture aux poètes étrangers ( en l'occurrence : Turquie, Portugal, Roumanie et Etats-Unis).
- Le ton des lettres d'Anne Sexton, bousculant ses correspondants sans souci de fioritures hypocrites.
      Pour conclure, je noterai qu'en rappelant la fragilité des revues poétiques dont "la défection d'un abonné est, à elle seule, vécue comme un péril ", Jean-Claude Tardif m'a donné mauvaise conscience et je me suis résolu à me réabonner à une certaine autre revue dont la qualité ne m'emballait plus guère parmi la douzaine d'autres auxquelles je suis abonné.

                                                                                                         Franck Reinnaz 
 (1) :  entouré de : Christiane Laillet, Anne-Marie Bahu, Michelle Berranger, Jean-Marc Couvé et Roberto San Geroteo.                                       Voir également le blog internet: www.lelivreadire.blogspot.fr et l'adresse courriel : revue.alindex@free.fr    
(2) : page 35 dans "Conversation à voix rompues" de J.C.Tardif et J.A.Guénégan ( Ed. Editinter )


samedi 6 février 2016

JACQUES BASSE à L'INDEX

Comme le savent ceux qui maintenant nous suivent depuis quelques temps, la Revue A L'INDEX - dont le 30 Numéro sortira en mars prochain - est sous-titrée "Espace d'Ecrits". Elle se souhaite aussi lieu d'échanges et de rencontres entre les mots et les êtres.
A cette fin nous avons adjoint à la revue proprement dit, deux collections indépendantes de l'abonnement : "Le Tire-langue" qui se propose de publier des auteurs étrangers en version bilingue. et "Pour mémoire" où sont rassemblés des rééditions de textes disparus des librairies

      Mais il nous est apparu qu' A L'INDEX pouvait aussi, espace d'amitié, accompagner des auteurs, des poètes qui nous étaient, nous sont, proches par leurs actions, leurs engagements envers la poésie en général et notre revue en particulier.
   Ainsi donc, voici sous notre "vignette" 
Mythes et Légendes 
- Déesses Muses Naïades, Nymphes - 
de Jacques Basse
ensemble de poèmes (sonnets) agrémenté de travaux graphiques de l'auteur.

A vous de le découvrir !

    Nous envisageons la création dans un avenir proche d'une collection livres de poésie contemporaine dont la spécificité serait de réunir sous une même couverture deux poètes ayant entrepris un travail commun. Des ouvrages à quatre mains, en somme. 

A L'INDEX présente : Le Rêve Effacé - récit - de Jean-Claude Bourlès

Il est enfin paru

Le Rêve Effacé
de
Jean-Claude Bourlès

Je suis né dans une maison sans âge qui tous les ans aux premières chaleurs, sentait le bois sec et la poussière d’argile. Dans le quartier on l’appelait l’ancêtre, la vieille, ou le château, alors que pour ses locataires elle fut toujours, par simple convenance avec la plaque émaillée de sa porte d’entrée, le cent vingt-trois de la rue de Paris à Rennes. A l’heure où j’écris ces lignes, je me demande s’il se trouve encore des gens pour se souvenir de cette maison...

Né à Rennes en 1937, Jean-Claude Bourlès a publié une quinzaine d’ouvrages, romans, recueils de poésie, essais, et récits de voyages, dont trois sur le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Écrivain voyageur, ami de Jacques Lacarrière et Jean-Loup Trassard, il a également collaboré aux revues, Grands Reportages, Terre Sauvage, Balades en France, Ulysse...

Vous pouvez le commander dès à présent prix unitaire (port compris) 18 euros
revue.alindex@free.fr




 On en parle

vendredi 4 décembre 2015

"LE TIRE-LANGUE" présente Özdemir Ince "Août 36 Dernier mois dans le ventre de ma mère"

"LE TIRE-LANGUE"

La collection "Le Tire-Langue" a pour vocation de proposer à la lecture des ouvrages de poésie contemporaine en version bilingue. Le premier titre : "Le pays perdu de ma naissance" du poète kosovar de langue albanaise Ali Podrimja  est paru en 2014.




"Août 36 Dernier mois dans le ventre de ma mère" de Özdemir Ince

vient de paraître dans une traduction française de Claire Lajus 

Ce recueil est accompagné d'une préface de Lionel Rey.

Özdemir İnce, poète, essayiste et chroniqueur, né à Mersin en Turquie. Après des études classiques, il devient professeur de français de l’enseignement secondaire (1960-1969); scénariste de télévision, directeur de rédaction et de planification, puis conseiller auprès de la Direction Générale de la Radio-Télévision de Turquie (1969 – 1982); directeur littéraire et éditeur des Éditions Can (1989-1995) et des Éditions Telos (1995-2000) à İstanbul; actuellement il se consacre à son écriture.
À trois reprises, il a bénéficié d’une bourse du gouvernement français (1965, 1983 et 1986). En 1965-66 a étudié à l’Institut des Professeurs de Français à l’Étranger (Sorbonne).
Il a traduit en turc Aloysius Bertrand, Lautréamont, Rimbaud, Char, Cavafis, Séféris, Ritsos, Alain Bosquet, Adonis et Abdellatif Laabi.
Il a publié une trentaine de recueils de poésie et plus de vingts livres d’essai et d’essai-critique.
Ses poèmes et ses essais ont été traduits dans une vingtaine de langue. Certains de ses recueils ont parus en français, en italien, en grec, en bulgare et en macédonien.


En français, il est possible de lire Poèmes (Ed. Saint-Germain-des-Prés, 1982), On meurt à moins (Le Cherche-Midi,1993) Mani est vivant (Al Manar, 2005, Prix Max Jacob ) et “Le Tyran et le Poète” (Le Temps des Cerises, 2009).