samedi 19 novembre 2016

A L'INDEX n°32



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A L'index est avant toutes choses une revue dont le premier numéro est paru en 1999.  Dans un premier temps, "prolongement papier"  des Rencontres du "Livre à Dire (1997/2012), elle poursuit, aujourd'hui encore son chemin, se voulant avant tout un espace d'écrits. Au fil des numéros, elle a vu son format, sa couverture, se modifier. Pour se présenter aujourd'hui et depuis sa 20iéme livraison sous un format plus réduit (A5) et une couverture "fixe" avec comme identité visuelle la vignette créée pour la revue par l'ami Yves Barbier.

Les vingt premiers numéros ont été imprimés par l'Imprimerie Spéciale du Soleil Natal dirigée par le poète-éditeur Michel Héroult. La mort subite et prématurée de ce dernier, en septembre, 2012 a laissé la revue orpheline et désemparée. Le tirage du numéro 20 n'ayant été livré que pour moitié, il était impératif de trouver un nouvel imprimeur. La question se posa néanmoins de la cessation de parution.
Primitivement tournée presque exclusivement vers la poésie contemporaine, la revue s'est, au fil des livraisons, ouverte à la prose (nouvelles, textes courts, textes analytiques) Aujourd'hui un équilibre entre ces divers types d'écriture est recherché lors de l'élaboration de chaque numéro. Par ailleurs A L'Index travaille avec des dessinateurs et l'illustrateurs.

Si la revue se présente sous une forme le plus souvent anthologique, avec des rubriques récurrentes, elle consacre aussi à intervalles réguliers des numéros à un auteur qu'elle choisit. Ces numéros sont dits : "Empreintes". Depuis 2015 la revue publie également (hors abonnement) et au rythme d'un titre par an, des ouvrages de poésie en bilingue. La collection s'intitule : "Le Tire-langue". Y ont été publiés à ce jour le poète kosovar Ali Podrimja, le poète turc Özdemir Ince et la poétesse italienne Chiara de Luca. Y est programmé le poète espagnol Miguel Casado.
 A côté de cette collection, d'autres existent : "Pour mémoire" où nous avons republié en partenariat avec les éditions Levée d'encre en 2015 "La légende du demi-siècle" d'André Laude et en 2016 "Le rêve effacé" récit de l'écrivain voyageur Jean-Claude Bourlès ainsi que la collection "Les Cahiers" où, sous la direction de Jean-Marc Couvé, est paru un "Pour Soupault" en 2014.

Tous ces titres sont vendus hors abonnement.

Pour l'avenir une collection de poésie contemporaine est envisagée. Son nom "Les Nocturnes" sa spécificité : les ouvrages qui la composeraient, seraient écrits à quatre mains.
2017 verra la sortie  du premier titres de la collection : "Plaquettes" qui comme son nom l'indique se présentera de petits ensembles de poèmes ou de proses à un prix modique : 7€ port compris. Avec l'espoir de donner envie de lire des auteurs contemporains.  


La revue A L'Index et les collections satellites, ne bénéficient d'aucune aide et se diffusent par abonnement ou achat au numéro, Notre seule publicité : le bouche à oreille des lecteurs et la fidélité de ceux qui nous connaissent et nous lisent.



Les textes lui étant soumis le sont uniquement par voie informatique (revue.alindex@free.fr)

Ce numéro 32 paraîtra en janvier 2017 .


Format 21X15 - env 190 pages intérieures - 
(tirage 100 exemplaires)
prix public 17 € (port compris)

Abonnement 2 numéros 26 €

adresse: 
Revue A L'INDEX
Jean-Claude TARDIF
11, rue de Stade 
76133 Epouville
revue.alindex@free.fr








TABLE DES MATIÈRES

Au doigt & à l’œil par Jean-Claude Tardif
Trois Inédits de Jean-Pierre Chérès
Le Météore & le Jasmin -Essai sur la Poésie- de Luis Porquet
Khi (poème) de Paola Bonetti

Traduction : Laurence Fosse, Dominique Masson et Gérard Trougnou
Ardoises (poèmes) de Michaël Gluck
Fugue de lieu (poème) de Marie-Claude San Juan
Quatre poèmes de Laurent Nuchy
Castiglione (texte court) de Luc Demarchi


Jeu de Paumes - Petite anthologie portative -
Sahar Ararat - Patrick Beaucamps - Éric Chassefière - Guy Girard - Hubert Le Boisselier - Gérard Le Gouic - Philippe Martinez - Roland Nadaus - Claude Serreau – Claude Vancour

L'accident – de mémoire de hérisson - (nouvelle) de Jean-Claude Tardif
Deux poèmes inédits de Françoise Canter
Une voix grecque : Nikos Bélias
traduction d'Alexandre Zotos
En attendant l'aurore - Notes éparses - de Philippe Beurel
L'ho sentito implorare con durezza (poème) de Ferruccio Brugnaro 
traduction de Jean-Luc Lamouille
La Jeune Parque de Paul Valéry : pour soulever le voile…
- texte - par Antoine Houlou-Garcia
Archéologie d’une pierre (extrait) de Raymond Farina
Cuba Libre (texte) de Henri Cachau
Ik waccht op de trein/ J'attends le train de Michel Westrade
Poèmes inédits de Luis Benitez
traduction de Cecilia Cecchi
Hôtel Artaud all’alba (poème) de Ettore Fobo
Version française de Daniel Dragomirescu & Jean-Claude Tardif
Quatre petites proses de Rabiaa Marhouch
Tercets au goût de Haïku de Marie Laugerie
Vengeance de bonne femme & Autres de Florentine Rey
Deux poèmes de Parviz Khazraï
Que se passe-t-il ? (prose) de Raymond Delattre
Château-branlant (poèmes) de Gianmarco Pinciroli
Traduit de l’italien par Raymond Farina
Là-bas, en bas, tout en bas (nouvelle) de Christian Jordy

Montrés du doigt par Jean Chatard et Gérard Paris




Gianmarco Pinciroli Gianmarco Pinciroli a été professeur de philosophie et d’histoire au Lycée C. Ferraris de Varèse. Poète et essayiste, Il a collaboré à de nombreuses revues de littérature, musique et cinéma. Auteur des ouvrages Comunicazione et segnità (Thélème, Turin, 2002) et Solitudine e scrittura (Ibis, 2013),  il est actuellement rédacteur de la revue “Paideutika”.


 On en parle

À l’index N°32 (2016)
Comme toujours avec cette revue, c’est, en ouverture, le solide éditorial de quatre pages qui donne l’impulsion. Les propos de Jean-Claude Tardif sont tellement pertinents qu’il faudrait les citer intégralement. Les textes qui suivent cette mise en bouche se placent tout à fait dans le mouvement initié. On y trouve des suites de poèmes (Michaël Glück, Eric Chassefière, Roland Nadaus,…) ou des poèmes isolés (Gérard Le Gouic, Hubert Le Boisselier, Jean-Pierre Chérès,…), tous de bonne tenue. Le domaine étranger n’est pas oublié avec Françoise Canter pour les Etats-Unis, Nikos Belias pour la Grèce, Luis Benitez pour l’Argentine et surtout quatre poètes pour l’Italie : Ferruccio Brugnaro, Ettore Fobo, Paola Bonetti et Gianmarco Pinciroli. On trouve aussi dans ce numéro des approches théoriques comme le très agréable « essai sur la poésie » de Luis Porquet ou l’étude sur la Jeune Parque de Paul Valéry par Antoine Houlou-Garcia. En alternant habilement poèmes, nouvelles, essais et notes de lecture, Jean-Claude Tardif a construit un superbe numéro à la fois cohérent et diversifié. Quelques notes de lecture viennent clore cette épaisse livraison de A l’index, revue indépendante qui suit courageusement son chemin « sans la moindre subvention », ce qui est plus que méritant par les temps qui courent.

À l’index N°32 (2016), 196 pages, 17 euros – 11, rue du Stade- 76133 Epouville ou revue.alindex@free.fr

21/01/2017

« NE PLUS RIEN DIRE QUE L’ESSENTIEL… », A L’INDEX NUMÉRO 32…

INDEX 32.jpg« Ne plus rien dire / que l’essentiel
   Ne plus rien faire / que l’éphémère »
              Jean-Pierre Chérès, Silex (A L’Index 32)
De nouveau, relisez le texte de Jean-Pierre Chérès en quatrième de couverture. Autre fragment que j’en retire... «  Se perdre dans les gens pour se retrouver dans le sens… ».
De nouveau, regardez la vignette de couverture : c’est aussi cela la poésie, cette répétition du regard sur l’essentiel du sens.
Ce numéro 32 est essentiellement constitué de poèmes. L’introduction de Jean-Claude Tardif met l’accent sur la liberté, dans le refus de toute compromission, pour une poésie qui se veut être toujours ce qu’elle fut, « le parler premier des hommes ». Il met aussi l’accent sur le rapport « singulier » du lecteur au livre. Singulier, donc, aussi, hors des règles commerciales des circuits soumis à des normes.
De Jean-Pierre Chérès on retrouve trois poèmes inédits, denses et forts : Silex, Strates, Rages. Le silex, pour un retrait dans le silence froid de la pierre, pour « Ne plus rien dire / que l’essentiel »… Les « strates de la mémoire » pour une archéologie intime. Et les rages, pour une mémoire de perte. Peut-être. 
Suit un texte de Luis Porquet, que j’ai apprécié particulièrement, au point de symboliquement pourvoir le co-signer. Un « essai » qui me semble correspondre à une conception très haute de la poésie. Ses premières références, dans « L’Éclat fuyant du météore » répondent à cette exigence : Héraclite, René Char, Daniel Pons, Suzuki, Octavio Paz… Et les fragments qu’il cite ensuite, pour « L’Offrande céleste du jasmin », sont là pour soutenir un ancrage de cette sorte d’écriture : l’Espagne est pour lui le pays où s’écrit le mieux une poésie essentielle : « L’écrivain ibérique s’inscrit dans la chair palpitante du monde. Son langage est l’ennemi des pirouettes abstraites et de l’esbroufe intellectuelle. » (…) « Le poète hispanique est vêtu de son âme ». Poésie essentielle au sens fort : nécessaire et traitant de l’essence de l’être, une poésie où la mystique s’écrit, en lien avec une conscience cosmique. « Hispanique », c’est l’Espagne, mais aussi la langue, avec la poésie de Luis Mizon et le chant de Paco Ibañez. Mais citer Lorca, Alberti, Jimenez, Hernandez, Bergamin, Gamoneda, n’empêche pas de puiser des références clés chez Novalis, ou d’avoir Jean Grenier comme maître à penser (un des…). Universalisme de celui pour qui le zen paraît être un centre repère, et le yoga de l’art, une clé de la création. Parce que le « duende » de Lorca, qui ici serait figuré par le jasmin et l’ancrage charnel du poète espagnol (sans être nommé), le duende est connexion cosmique.  Comme Bergamin, Luis Porquet refuse « le procédé, le truc », ces « falsifications », pour chercher ce qui transmet la part de « lumière » (ou plus que la part). 
Et justement, dans les textes qui suivent, ne cherchez pas de procédés artificiels. Ni dans « Ardoises » de Michaël Glück - un de mes auteurs lu et relu depuis longtemps, lui qui disperse ses textes dans des micro-éditions, créatrices de poèmes sculptés parfois (j’ai ainsi de lui une pierre gravée, un bois cachant un texte, un parchemin long… et des petits carrés de « pré#carré », etc.). Poème, « Ardoises », où l’on sent une sourde colère, pour affirmer que les mots convoquent le réel et que le réel, même d’horreur, doit être dit dans « un poème sans fin », qui est en lui, avant même l’écriture… 
Proximité de mémoire entre Michaël Glück et Laurent Nuchy, je le sais et je le lis : « Hillel et Myriam répondirent… / Suis-je allé jadis à ma rencontre? » (Le Golem,).
Entre eux (merci pour ce choix), mon long poème « Fugue de lieu ». Mémoire(s), aussi, et démarche posée sous forme de questionnement, pour relier deux axes : « Faire silence, en mystique sans dieu ni dieux, ou se faire bruyant prophète de paix? Être le démiurge caché d’un monde miroir, changer l’eau sombre? ».
Et, juste après, une nouvelle de Luc Demarchi, « Castiglione », où (décidément, c’est un thème récurrent dans ce numéro, mémoire…) l’auteur raconte un souvenir d’enfance, vacances dans une étrange maison sans eau ni électricité, devant une plage et une mer où serait enfouie une ville d’autrefois. Comme le sont, dans la mer de la mémoire, les souvenirs qu’on déchiffre et un réel disparu. 
Échos, encore, d’un texte à un autre. Au « Silex » de Jean-Pierre Chérès répond « Archéologie d’une pierre » de Raymond Farina : métamorphoses de la pierre, arme ou galet de douceur, ou sculpture créatrice de beauté… Autres échos, les pierres de Roland Nadaus… 
A la maison enfuie (dans le passé) de Luc Demarchi répond celle que quitte le personnage de Jean-Claude Tardif dans « L’accident », en laissant une feuille vierge, sans message, pour aller (accident ou suicide?) se détruire (mourir?) en voiture. Etrange récit, dont l’étrangeté même fait la profondeur du personnage au sujet duquel on se demande ce qu’il fut et ce qui l’a mené à cet instant. On tente une interprétation, et elle se détache, comme la première poupée russe qui en cache une autre et une autre, la dernière se brisant en éclats de sens possibles. A-t-on compris? Pas sûr, et tant mieux. 
Antoine Houlon-Garcia, lui, cherche dans un bref essai fouillé sur La Jeune Parque, « de quelle Ariane Valéry nous fait le récit »… Ariane mythologique ou femme ouvrant un pan autobiographique… 
Beaucoup de traductions, dans ce numéro. Textes, poèmes, issus de plusieurs langues… Ne pouvant tout relever je choisis de citer des vers de Luis Benitez. Pour déclencher l’envie de lecture de ses poèmes, et des autres… 
« Permets à ton ombre ou à la nuit d’humecter tes paupières , / Ainsi n’entrera pas en toi / le feu et l’avenir ne t’effleurera point. »
(…)
« Les spectres que je fus épient derrière les mots / le mouvement de la vie, plus torrentielle que le temps, / car je fus spectre et spectres sont les choses / et les hommes. »
(…)
« Il est inutile que je dédie / à ceux qui m’écoutent / une vérité : ils en feront des miettes. / De leurs miettes naîtra Lao-Tseu. »
(…)
« Ce soir et une partie de la nuit / je suis retourné m’immerger dans la mer épaisse / où nous flottons, êtres et choses. » (…) « Je n’ai pas vu de berge. Tout est mer. / Ceux qui craignent la berge / ne savent pas qu’ils cheminent dans la mer. »
(…)
«… le brillant de l’humble couleur a réuni en mots / le visage de ce qui a été vu »
(…)
« Pour moi, la certitude est le brillant chemin de son jamais. »
………………..
Pour lecture…
MC San Juan
Revue déposée librairie Compagnie, Paris… http://www.librairie-compagnie.fr 

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